After Sixty Guides
Votre première année de retraite en bonne santé
Édition de lecture gratuite
Programmes de trente jours
- Prenez un carnet et posez-le là où vous ne pourrez pas l'éviter. Écrivez les cinq lignes de ce soir : l'heure du réveil et comment la nuit s'est passée, ce que votre corps a fait, à peu près quoi et quand vous avez mangé, à qui vous avez parlé, et un mot pour la journée.
- Écrivez la liste de fonction. Se relever du sol, le siège bas, les marches, les courses, l'étagère du haut, jusqu'où vous marchez avant de préférer vous asseoir. Datez la page.
- Appelez le cabinet de votre médecin traitant et demandez une consultation générale, en précisant que vous venez de prendre votre retraite et que vous voulez faire le point sur ce qui est à jour. Prendre le rendez-vous est toute la tâche. Si vous n'avez pas de médecin traitant déclaré, la tâche du jour est de commencer à en chercher un, via annuairesante.ameli.fr ou en demandant à votre mairie.
- Notez les points fixes que votre semaine possède déjà, ceux qui arrivent que vous le décidiez ou non. La plupart des gens en ont plus qu'ils ne pensent.
- Sortez dehors dans l'heure qui suit votre lever, et restez-y quelques minutes. Remarquez si cela change quelque chose à la journée.
- Choisissez votre heure de lever : une heure que vous viserez la plupart des matins, y compris après une mauvaise nuit. Écrivez-la sur le calendrier, là où vous la verrez.
- Relisez les notes de la semaine en une seule fois. Entourez les journées qui ont été bonnes et regardez ce qu'il y avait dedans.
- Choisissez un ancrage de mouvement et donnez-lui un jour et une heure. Écrivez-le au stylo dans le calendrier.
- Demandez à quelqu'un de le faire avec vous, ou trouvez le cours ou le groupe qui le fait déjà à ce moment-là. Envoyez le message aujourd'hui.
- Cassez exprès une longue plage assise : levez-vous pendant la publicité, prenez l'appel debout, faites deux voyages au lieu d'un.
- Écrivez la carte des repas. Tous les plats que vous savez faire aujourd'hui sans rien consulter. Scotchez-la à l'intérieur d'une porte de placard.
- Transformez la carte en liste de courses permanente, celle que vous utiliserez la plupart des semaines sans réfléchir.
- Garnissez l'étagère « il n'y a rien à la maison » : quelques conserves, des légumes surgelés, des œufs, des flocons d'avoine, ce dont vous auriez envie un mauvais soir.
- Cuisinez double à un repas et mettez la seconde portion au réfrigérateur ou au congélateur avec la date dessus.
- Écrivez trois colonnes de noms : les gens que vous aimeriez voir chaque semaine, chaque mois, et ceux que vous détesteriez perdre de vue. Regardez la forme des listes.
- Contactez une personne de la troisième colonne. Un appel, un mot, un message. Rien d'élaboré.
- Découvrez ce qui existe vraiment près de chez vous. Prenez le programme de la médiathèque ou du centre social, ou consultez la liste des associations de la mairie. Le CCAS de votre commune est le bon endroit pour demander ce qui existe pour les retraités.
- Allez une fois à quelque chose de nouveau, avec l'intention délibérée de ne pas juger avant la troisième visite.
- Prenez un repas à table, télévision éteinte, et avec quelqu'un si vous pouvez l'organiser.
- Faites la fiche santé d'une page : maladies, médicaments, allergies, opérations, médecin, personne à prévenir.
- Mettez-en un exemplaire dans votre portefeuille, laissez-en un chez vous là où on le trouverait, et dites à la personne à prévenir qu'elle existe.
- Listez vos catégories de rendez-vous : médecin traitant, dentiste, yeux, audition, tout spécialiste, révision d'ordonnance, et une ligne blanche pour les dépistages à convenir avec votre médecin.
- Nommez votre mois santé. Choisissez un mois par an, accroché à quelque chose de mémorable, et écrivez-le aussi sur le calendrier de l'an prochain.
- Recopiez les trois questions de rendez-vous sur une carte pour votre portefeuille : quel est mon problème principal, que dois-je faire, et pourquoi est-il important que je le fasse.
- Tenez un rendez-vous d'inquiétude. Vingt minutes, un stylo, et chaque inquiétude écrite sous forme de vraie question plutôt que d'angoisse.
- Prenez un élément de cette liste et écrivez la prochaine étape unique, avec une date. Puis ne faites rien d'autre à ce sujet aujourd'hui.
- Si l'argent est l'inquiétude qui vous réveille, prenez ou préparez une conversation avec quelqu'un de compétent — un Point conseil budget, votre conseiller, ou le 34 14 de la Banque de France — et écrivez la question précise à laquelle vous voulez une réponse.
- Ayez la conversation sur le temps et l'espace avec votre conjoint, en vous servant du script dans les fiches. Si vous vivez seul, ayez une autre conversation : convenez avec une personne que vous prendrez des nouvelles l'un de l'autre chaque semaine.
- Essayez une soirée sans alcool, si cela fait partie de votre routine, et notez comment vous dormez cette nuit-là. Une nuit est une donnée, pas un engagement.
- Écrivez votre année sur une page : les ancrages que vous gardez, l'unique chose que vous ajoutez, votre semaine minimale, votre mois santé, et une ligne sur ce à quoi tout cela sert. Puis mettez une date de vérification dans six mois sur le calendrier.
Les mots à dire
Fiches, scripts et modèles à réutiliser
Recopiez-les, imprimez-les, ou écrivez-les dans un carnet. Elles sont à vous, et elles sont faites pour servir plus d'une fois.
Le planificateur de rythme hebdomadaire
Pas un emploi du temps. Un cadre pour quatre à six ancrages, tout le reste laissé volontairement vide.
Écrivez les jours en haut d'une feuille, et trois lignes sur le côté : matin, après-midi, soir. Puis ne remplissez que les ancrages.
Ancrages de mouvement (au moins deux, des jours différents) : ______________________ Ancrage de gens (une personne nommée, une heure fixe) : ______________________ Ancrage de contribution (un endroit où l'on vous attend) : ______________________ Ancrage de rythme (ce qui rend une journée distincte) : ______________________ Deux journées plus légères, protégées exprès : ______________________
Puis écrivez toute la semaine en une phrase que vous pourriez dire à voix haute à un ami. Si vous n'y arrivez pas, c'est trop compliqué.
Ma semaine : ______________________________________________
Trois vérifications avant de vous y engager. Est-ce qu'au moins un ancrage a lieu sans qu'une autre personne précise soit disponible ? Chaque ancrage est-il placé à un moment de la journée où vous avez réellement de l'énergie ? Et y a-t-il quelque part un après-midi véritablement vide, parce que s'il n'y en a pas, vous avez construit un métier.
Les cinq lignes du soir
Pour la quinzaine d'observation du mois un, et pour toute quinzaine plus tard où vous n'arrivez pas à comprendre pourquoi vous vous sentez bizarre.
Dormi : ____________________________________ Bougé : ____________________________________ Mangé, et quand : __________________________ Parlé à : __________________________________ Mot du jour : ______________________________
Quatre-vingt-dix secondes. Aucun jugement, aucun score, aucun plan. Relisez la quinzaine entière d'un seul tenant à la fin et cherchez des motifs plutôt que des fautes.
La liste de fonction
Écrivez-la aujourd'hui, datez-la, et refaites-la dans un an. Répondez en phrases, pas en chiffres.
- Me lever d'un siège bas sans m'aider des mains : ______________________
- Descendre au sol et me relever : ______________________
- Monter les courses depuis la voiture : ______________________
- Les marches ou l'escalier que j'emprunte le plus : ______________________
- Jusqu'où je marche confortablement, et ce qui lâche en premier : ______________________
- Attraper une étagère haute, me retourner pour l'angle mort, enfiler mes chaussettes debout : ______________________
- Ce que j'ai commencé à éviter : ______________________
Cette dernière ligne est celle qu'il faut apporter à votre médecin.
Ce qui comptait dans mon travail, et où le retrouver
Faites-le sur papier, lentement, en étant honnête plutôt que modeste.
Étape un. Notez chacun de ces éléments de « rien du tout » à « énormément », pour le métier que vous avez réellement exercé :
- Être bon à une chose que j'avais mis des années à apprendre : ______
- Être nécessaire à quelqu'un : ______
- Être connu, avoir une place, avoir un titre : ______
- La compagnie et la conversation quotidienne : ______
- Un endroit où être, une forme à la journée : ______
- Résoudre des problèmes, me servir de ma tête : ______
- L'activité physique intégrée au travail : ______
Étape deux. Entourez les deux que vous avez notés le plus haut et que vous n'avez plus. Deux seulement. C'est tout l'exercice.
Étape trois. Pour chacun des deux, écrivez trois endroits d'où cette chose précise pourrait venir maintenant. Pas des activités en général. Cette chose-là.
Ce qui me manque : ____________________ Pourrait venir de : ____________________ / ____________________ / ____________________
Étape quatre. Choisissez celui qui serait le plus facile à essayer dans les quinze jours, et écrivez à côté le premier coup de téléphone ou le premier courriel.
La plupart des gens découvrent que la réponse qu'ils avaient supposée, un loisir, ne touche ni l'un ni l'autre des deux éléments entourés, ce qui est exactement pourquoi l'exercice vaut la peine d'être fait avant de s'inscrire à quoi que ce soit.
Un script pour parler à son conjoint du temps et de l'espace
Servez-vous-en avant d'être agacé. Asseyez-vous dans un endroit neutre, pas dans la pièce qui pose problème, et suivez cet ordre.
Ouvrez par le problème commun, pas par le reproche.
« On a tous les deux beaucoup plus d'heures dans cette maison qu'avant, et je ne crois pas qu'aucun de nous ait vraiment réfléchi d'avance à comment ça se passerait. Est-ce qu'on peut régler le côté pratique, avant que ça devienne quelque chose sur quoi on s'agace ? »
Dites d'abord ce que vous voulez en plus.
« Ce qui me ferait vraiment plaisir, c'est une chose qu'on fait ensemble chaque semaine et qu'on attend tous les deux, plutôt que d'être simplement dans la même maison. »
Dites ensuite ce que vous voulez en plus de votre côté, et parlez d'heures, pas de la personne.
« Et je crois que j'ai besoin de deux heures à moi quelques matins par semaine. Ce n'est pas contre toi. C'est pour avoir dans la journée quelque chose qui est à moi. »
Demandez, puis taisez-vous vraiment.
« Et toi, qu'est-ce que tu voudrais en plus ? Et qu'est-ce que tu supportes sans le dire ? »
Convenez de trois choses concrètes.
Qui a quelles heures seul, et où : ______________________ Une chose qu'on fait ensemble chaque semaine, exprès : ______________________ Une tâche ou un territoire qui frotte, et comment on le règle : ______________________
Terminez par une date de bilan.
« On voit comment ça marche et on en reparle dans un mois, que ça aille ou non. »
Deux remarques. Si votre conjoint travaille encore, la négociation est différente mais tout aussi nécessaire, et elle tourne d'ordinaire autour des attentes sur qui fait quoi à la maison désormais. Et si ces conversations tournent régulièrement à la dispute, quelques séances chez un conseiller conjugal sont une démarche pratique et banale, pas un aveu d'échec.
La semaine minimale viable
Pour les voyages, la maladie, les invités, les périodes où l'on s'occupe de quelqu'un, et toute quinzaine qui part de travers.
À la place de mon mouvement habituel : ______________________ À la place de mes repas habituels : ______________________ À la place de mes gens habituels : ______________________ La seule chose que je garde quoi qu'il arrive : ______________________ Date de reprise, écrite sur le calendrier : ______________________ Personne à qui j'ai annoncé la date de reprise : ______________________
La fiche santé d'une page
Un exemplaire dans le portefeuille, un à la maison, un chez la personne à prévenir. À mettre à jour dès que quelque chose change.
- Nom, date de naissance, adresse
- Médecin traitant, cabinet, numéro de téléphone
- Maladies, en mots simples, avec des dates approximatives
- Tous les médicaments, y compris ceux achetés sans ordonnance et les compléments, avec les dosages
- Allergies et mauvaises réactions
- Opérations passées et maladies importantes, avec les années
- Dispositifs ou implants
- Personne à prévenir, et personne de confiance désignée
- Directives anticipées éventuelles, et où elles sont rangées
Trois questions pour tout rendez-vous
Quel est mon problème principal ? Que dois-je faire ? Pourquoi est-il important que je le fasse ?
Si vous ne pouvez pas répondre aux trois en sortant, retournez demander. Et apportez une liste écrite de vos propres questions, la plus importante en premier, plus une seconde personne si le rendez-vous compte.
Fiche du cercle de soutien
Personne ne réussit seul une première année de retraite. Inscrivez au moins un nom par cercle, et ne laissez rien vide.

- Celui ou celle qui remarquerait (si vous ne veniez pas mardi) : ______________________
- La compagnie ordinaire (la marche, le café, le coup de fil) : ______________________
- Celui ou celle qui viendrait si ça tournait mal (maladie, chute, mauvaise nouvelle) : ______________________
- La ressource locale (médiathèque, centre social, foyer rural, paroisse, club, repas partagé, CCAS, association de bénévoles) : ______________________
- Les professionnels (médecin traitant, pharmacien, chirurgien-dentiste, kinésithérapeute ou professionnel de l'activité physique adaptée, diététicien, conseiller budgétaire, psychologue) : ______________________
Si un cercle est vide, c'est le projet du mois, et il est plus important que n'importe quelle habitude de ce livre.
Fiche mémo
Recopiez-la sur une fiche pour le tiroir, ou à l'intérieur d'une porte de placard.

La forme d'une année en bonne santé : quelques ancrages fixes, un peu de mouvement presque tous les jours, des repas que vous savez refaire, une heure de lever que vous tenez, des gens qui vous attendent, un endroit où l'on a besoin de vous, et l'entretien médical fait et programmé.
Avant toute nouvelle activité : parlez à votre médecin traitant. Demandez ce qu'il faut contourner et qui pourrait vous concevoir un programme.
Quand une habitude casse : ne relancez pas tout. Faites la version minimale, mettez une date sur le calendrier, et prévenez une personne.
Quand les journées se confondent : ajoutez un repère qui n'arrive qu'un seul jour de la semaine.
Quand vous ne savez pas répondre à « qu'est-ce que je suis maintenant » : trouvez un endroit où l'on vous attend et où votre absence serait remarquée.
Quand vous êtes éveillé la nuit : levez-vous, faites quelque chose d'ennuyeux dans une lumière faible, et retournez au lit quand le sommeil vient. Gardez quand même votre heure de lever.
Quand l'inquiétude d'argent mène la nuit : transformez-la en question précise et portez-la à quelqu'un de compétent. Un Point conseil budget (gratuit, via mesquestionsdargent.fr) ou le 34 14 de la Banque de France, du lundi au vendredi de 8 h à 18 h, non surtaxé. Le vague est pire qu'une mauvaise nouvelle.
À porter toujours à un médecin : un changement de poids involontaire ; une chute ou un presque-accident ; un essoufflement nouveau, une gêne dans la poitrine ou des vertiges ; une douleur articulaire qui s'installe ; un sommeil qui vous épuise ; un changement d'audition, de vue, de mémoire ou de déglutition ; et toute question sur les examens ou dépistages à faire, qui est individuelle et n'a aucun calendrier universel.
À porter toujours à un médecin ou à un professionnel de la santé mentale : une humeur basse ou un sentiment d'impasse qui dure des semaines ; la perte d'intérêt pour ce que vous aimiez ; une consommation d'alcool qui a monté ou que vous préférez ne pas compter. Alcool info service : 0 980 980 930, 7 j/7 de 8 h à 2 h, coût d'un appel local. Drogues info service (y compris somnifères et anxiolytiques) : 0 800 23 13 13, gratuit, 7 j/7 de 8 h à 2 h.
Quand vous voulez simplement parler à quelqu'un : Solitud'écoute (Les Petits Frères des Pauvres, pour les plus de 50 ans), 0 800 47 47 88, gratuit, tous les jours de 15 h à 20 h. S.O.S Amitié, 09 72 39 40 50, 24 h/24, prix d'un appel local. Si vous êtes aidant : Avec nos proches, 01 84 72 94 72, 7 j/7 de 8 h à 22 h.
Si vous pensez à vous faire du mal : appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24 et 7 j/7. En cas de danger immédiat, le 15 (SAMU) ou le 112, ou rendez-vous aux urgences. Et dites-le à une personne de confiance. Faites-le maintenant, pas plus tard.
Attention aux appels et aux numéros suspects : aucun vrai service d'écoute ou d'aide en France n'utilise un numéro surtaxé commençant par 081, 082 ou 089. Si l'on vous démarche au téléphone pour une aide, une mutuelle ou des travaux à domicile, raccrochez et rappelez vous-même un numéro que vous connaissez. Pour signaler un professionnel qui vous a trompé : SignalConso (signal.conso.gouv.fr). Pour être conseillé après une arnaque : Info Escroqueries, 0 805 805 817, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30, gratuit. Et déposez plainte à la police ou à la gendarmerie.
Les questions vraiment posées
Je suis à la retraite depuis six mois et je suis déjà dans une ornière. Est-il trop tard pour faire la partie observation ?
Pas du tout, et c'est sans doute encore plus utile maintenant. Une ornière a une forme, et le carnet est la façon de voir cette forme. À six mois, vous avez aussi de vraies données au lieu de semaines de vacances. Commencez la quinzaine demain.
Mon conjoint travaille encore. Cela ne rend-il pas mon point de départ inutile ?
Cela le rend particulier, ce qui est différent. Vos journées seront réellement construites autour de l'emploi du temps de quelqu'un d'autre pour l'instant, et le carnet vous montrera exactement où se logent vos heures libres. Ces heures sont la matière première de tout le chapitre deux, et les connaître vaut mieux que les deviner.
N'est-ce pas simplement recréer la semaine de travail que j'étais content de quitter ?
Ce le serait si les ancrages étaient des obligations fixées par quelqu'un d'autre et si la journée était pleine. Quatre à six engagements choisis sur cent soixante-huit heures, ce n'est pas un métier. C'est la différence entre une maison avec une charpente et un tas d'excellents matériaux.
Et si j'aime vraiment les journées sans structure et que tout va bien ?
Alors continuez, et vérifiez simplement le carnet tous les deux ou trois mois. Certaines personnes portent leur propre structure et l'ont toujours fait. Si nous insistons sur les ancrages, c'est parce que la dérive est lente et difficile à voir de l'intérieur, et qu'un rythme que l'on sait nommer est le signal d'alarme le plus simple qui existe.
J'ai une maladie qui me limite beaucoup. Est-ce que tout cela me concerne ?
Presque certainement oui, sous une forme adaptée, et l'adaptation est exactement ce pour quoi existent un kinésithérapeute ou un professionnel de l'activité physique adaptée. Les programmes assis, les programmes en piscine et le renforcement en position assise sont des choses réelles, faites par des gens réels avec des limitations sérieuses. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est deviner seul à partir d'un livre général, celui-ci compris.
Au bout de combien de temps est-ce que je remarquerai quelque chose ?
Plus longtemps que vous ne le souhaiteriez et plus vite que vous ne le craignez. La plupart des gens disent que les tâches ordinaires deviennent plus faciles avant que quoi que ce soit d'autre ne change, souvent au deuxième ou troisième mois de pratique régulière. Si absolument rien n'a bougé après plusieurs mois de vraie régularité, cela mérite d'être signalé à la personne qui a établi le programme, car cela veut d'ordinaire dire qu'il faut l'ajuster plutôt que l'abandonner.
J'ai plus de temps maintenant, je ne devrais donc pas cuisiner mieux que jamais ?
Le temps n'a presque jamais été la contrainte. Les décisions l'étaient, et la structure aussi. Beaucoup de gens cuisinent moins bien à la retraite qu'en travaillant, et c'est presque toujours parce que l'échafaudage est parti, pas parce qu'ils sont devenus paresseux. Remettez l'échafaudage et la cuisine suit.
L'argent est serré. Bien manger, ce n'est pas cher ?
Le détail varie selon l'endroit, mais parmi les aliments les moins chers de la plupart des magasins figurent justement ceux qu'on retrouve dans toutes les façons sensées de manger : légumes secs en sachet ou en boîte, flocons d'avoine, œufs, légumes surgelés, conserves de poisson, produits de saison, et ce qui est en promotion. La dépense vient d'ordinaire des plats tout prêts, du gaspillage et des courses faites sans liste. Un diététicien, si vous pouvez en voir un, sait très bien travailler dans un vrai budget, et cela vaut la peine de le demander explicitement. Si le budget alimentaire est réellement tendu, le CCAS de votre commune est le bon interlocuteur : c'est lui qui connaît les aides locales et les dispositifs d'accès à l'alimentation, sans jugement et sans publicité.
Je me réveille à quatre heures et je ne me rendors pas. C'est simplement l'âge ?
Le sommeil change avec l'âge, et un sommeil plus léger et plus morcelé est vraiment fréquent. Mais « fréquent » ne veut pas dire « on n'y peut rien », et un réveil de quatre heures apparu depuis votre retraite a d'ordinaire une cause qui vaut la peine d'être trouvée : le verre du soir, la sieste de l'après-midi, un coucher désormais bien plus tôt que ce dont votre corps a besoin, ou une inquiétude sans réponse. Travaillez là-dessus, et si cela persiste, demandez à votre médecin plutôt que de l'accepter.
Tous ceux que je connais travaillent encore. Comment se fait-on des amis à soixante-dix ans ?
De la même façon qu'à vingt ans, ce que vous avez oublié : en étant au même endroit que les mêmes gens, plusieurs fois, sans intention particulière. La différence est qu'à soixante-dix ans il faut organiser le lieu exprès au lieu que l'école ou le travail le fournisse. Choisissez quelque chose qui se réunit à date régulière, allez-y quatre fois avant de juger, et donnez-lui trois mois.
Je pars trois mois chaque hiver. Est-ce que ça a un sens d'avoir une routine ?
Plus de sens, pas moins. Ceux qui passent de longues saisons ailleurs s'en sortent le mieux quand ils construisent une version parallèle de la semaine à l'autre bout : un itinéraire de marche là-bas, une piscine là-bas, un groupe là-bas. Deux semaines installées plutôt qu'une installée et une à la dérive. Cela demande une saison à mettre en place et c'est ensuite permanent.
Je n'ai presque rien fait de tout ça. Est-ce que je dois quand même faire un bilan ?
Surtout dans ce cas. Le bilan d'une année où il s'est passé peu de choses est le plus informatif de tous, parce qu'il vous dit ce qui fait réellement obstacle : la santé, l'argent, le fait de s'occuper de quelqu'un, l'isolement, ou un plan qui ne vous convenait pas dès le départ. Tout cela peut être traité, et rien de tout cela ne l'est en relançant le même plan en janvier.
Ma santé s'est dégradée cette année malgré tout. À quoi bon ?
La santé n'est pas une récompense de l'effort, et certaines maladies progressent quoi que l'on fasse. La question juste n'est pas de savoir si cette année vous a laissé en meilleur état que l'année dernière, mais si elle vous a laissé en meilleure position que si vous l'aviez sautée : plus stable, mieux entouré, mieux suivi, plus avancé dans l'entretien médical. La réponse est en général oui, même quand le chiffre en une ne l'est pas.
Ne devrais-je pas simplement faire tous les examens possibles, pour être tranquille ?
Plus n'est pas automatiquement mieux, et cela surprend sincèrement les gens. Les examens produisent des fausses alertes, et les fausses alertes conduisent à d'autres examens, dont certains comportent leurs propres risques et tous une part d'angoisse. Le bon ensemble pour vous met en balance le bénéfice et ces coûts, compte tenu de votre histoire. C'est exactement le jugement pour lequel un bon médecin existe, et c'est pourquoi ce livre ne vous tendra pas de liste.
Dois-je tenir un carnet à vie ?
Non. La plupart des gens l'utilisent beaucoup dans les premiers mois, l'abandonnent, puis le retrouvent utile au bilan annuel ou quand quelque chose change. Le reprendre pendant quinze jours quand on n'arrive pas à comprendre pourquoi on se sent bizarre est un bon usage. Le tenir quotidiennement pendant dix ans ne l'est pas.
Ma deuxième année va être avalée par les soins à mon mari. Où est-ce que ça me laisse ?
Cela vous laisse avec le besoin d'une version plus petite de tout ceci, et d'en avoir besoin plus que la plupart des gens. La semaine minimale viable, un ancrage à vous qui soit protégé, la fiche santé, votre propre rendez-vous annuel tenu plutôt qu'annulé, et une conversation honnête sur le répit. Les aidants sont le groupe le plus susceptible d'abandonner entièrement leur propre santé, et celui pour qui c'est le plus coûteux. Appelez Avec nos proches au 01 84 72 94 72, 7 j/7 de 8 h à 22 h, et demandez à la plateforme d'accompagnement et de répit de votre département ce qui existe : accueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile. Demandez avant d'être à bout.
Les mots que ce livre éclaircit
- Ancrage
- Employé ici pour tout ce qui se produit à une heure fixe, un jour fixe, avec quelque chose d'extérieur à votre seule volonté pour le tenir en place.
- Point de départ
- Un relevé honnête d'où vous partez : comment vous dormez, bougez, mangez, et qui vous voyez, écrit avant de changer quoi que ce soit.
- Fonction
- Ce que votre corps sait faire dans la vie ordinaire. Se relever du sol, porter les courses, gérer l'escalier. La mesure qui compte le plus à ce stade.
- Prévention
- Examens, vaccinations et dépistages destinés à trouver ou à éviter des problèmes avant qu'ils ne donnent des symptômes. Lesquels vous concernent est une décision individuelle prise avec votre médecin.
- Dépistage
- Examiner des personnes sans symptômes pour rechercher une maladie tôt. Les dépistages qui vous conviennent dépendent de votre âge, de votre sexe, de votre histoire et de votre pays, et aucun calendrier ne convient à tout le monde.
- Révision d'ordonnance
- Un examen sérieux, en général avec un médecin ou un pharmacien, de tout ce que vous prenez, pour vérifier que c'est encore nécessaire, encore efficace, et sans mauvaise interaction.
- Diététicien-nutritionniste
- Professionnel dont le titre est réglementé en France, qualifié pour donner des conseils alimentaires individuels, y compris en présence d'une maladie. À distinguer du mot « nutritionniste », qui n'est pas un titre protégé.
- Kinésithérapeute
- Professionnel de santé réglementé qui évalue votre façon de bouger et conçoit un programme pour votre corps, vos blessures et vos maladies. En France, l'accès passe normalement par une prescription du médecin.
- Professionnel de l'activité physique adaptée
- Éducateur ou enseignant qualifié, idéalement avec une expérience des personnes âgées ou de votre maladie, capable d'enseigner et de faire progresser une activité en sécurité.
- Apnée du sommeil
- Trouble dans lequel la respiration s'interrompt de façon répétée pendant le sommeil, souvent avec des ronflements importants et un épuisement dans la journée. Fréquente, sous-diagnostiquée, et traitable.
- Semaine minimale viable
- La version réduite de votre routine qui survit à un voyage, à une maladie ou à une crise, et qui garde vivante la forme de l'habitude.
- Répit
- Soulagement temporaire pour une personne qui s'occupe d'une autre. Il faut d'ordinaire le demander, et plus tôt que les gens ne le demandent.
- Personne de confiance
- Personne que vous désignez par écrit pour vous accompagner dans vos démarches de santé et pour exprimer vos volontés auprès des soignants si vous ne pouvez plus le faire vous-même.
- Directives anticipées
- Document écrit dans lequel vous indiquez à l'avance les soins que vous souhaitez ou refusez en fin de vie, si vous n'êtes plus en état de vous exprimer.
- CCAS
- Centre communal d'action sociale : le service social de votre commune. Portage de repas, aide à domicile, téléalarme, registre canicule, aides d'urgence, aide pour constituer un dossier d'APA. Chaque commune a le sien, avec son propre numéro.
- Point d'information local (souvent appelé CLIC)
- Guichet gratuit d'information et de coordination pour les personnes âgées, au niveau du département ou du bassin de vie. Le nom change d'un endroit à l'autre. On trouve le sien sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr.